Argent & consommation

Comment gérer ses dettes et quelles solutions existent pour s'en sortir ?

Au début, il y a un découvert. Puis une mensualité de crédit qui tombe au mauvais moment. Une facture est reportée au mois suivant, alors on utilise le paiement en plusieurs fois pour les courses imprévues. Quelques mois plus tard, plusieurs prélèvements arrivent avant le salaire et on ne sait plus exactement combien on doit ni par quoi commencer. C'est souvent à ce moment-là que la dette devient la plus difficile à gérer : non seulement parce qu'elle coûte de l'argent, mais parce qu'elle devient impossible à regarder dans son ensemble. Pourtant, la première étape pour s'en sortir n'est pas forcément de gagner beaucoup plus. C'est de remettre toutes les dettes sur la même feuille.

17 min de lecturePublié le 1 septembre 2026Mis à jour le 3 octobre 2026Par L'expert Argent
Comment gérer ses dettes et quelles solutions existent pour s'en sortir ?

La réponse en bref

Pour reprendre le contrôle de ses dettes, il faut d'abord dresser une liste complète de ce que l'on doit, protéger les dépenses essentielles du quotidien et calculer ce qu'il reste réellement chaque mois pour rembourser. Si les difficultés sont temporaires, contacter rapidement les créanciers peut permettre de négocier un échéancier, un report ou une adaptation des mensualités. Un Point Conseil Budget peut accompagner gratuitement cette démarche. Lorsque les revenus ne permettent plus durablement de payer les dettes malgré les efforts réalisés, la procédure gratuite de surendettement auprès de la Banque de France peut aboutir à un rééchelonnement, un moratoire, une baisse des intérêts, un effacement partiel ou, dans certaines situations, un effacement de dettes.

En bref

  • 1Commencez par établir le montant exact de toutes vos dettes, mensualités, taux et retards.
  • 2Protégez en priorité votre budget courant indispensable : logement, alimentation, énergie, assurances et dépenses nécessaires à votre activité.
  • 3Contactez les créanciers avant que les impayés ne s'accumulent : un accord est souvent plus facile à trouver tôt.
  • 4Évitez de souscrire automatiquement un nouveau crédit pour rembourser les précédents.
  • 5Un regroupement de crédits peut réduire les mensualités mais augmenter le coût total à rembourser.
  • 6Les Points Conseil Budget proposent un accompagnement gratuit aux personnes rencontrant des difficultés financières.
  • 7La procédure de surendettement de la Banque de France est gratuite.
  • 8Selon la situation, la commission peut rééchelonner, reporter ou effacer tout ou partie de certaines dettes.

À partir de quand peut-on considérer que ses dettes deviennent un problème ?

Avoir une dette n'est pas en soi anormal.

Un crédit immobilier, un prêt automobile ou un crédit à la consommation sont des dettes, mais ils peuvent parfaitement être compatibles avec un budget équilibré.

Le problème commence plutôt lorsque le budget courant ne permet plus de respecter les échéances sans créer une nouvelle dette ailleurs.

Par exemple lorsque vous devez régulièrement :

  • utiliser le découvert pour payer les dépenses courantes ;
  • repousser une facture pour en payer une autre ;
  • utiliser un crédit renouvelable pour terminer le mois ;
  • emprunter à des proches pour payer des mensualités ;
  • multiplier les paiements fractionnés ;
  • dépasser régulièrement vos plafonds ou autorisations ;
  • recevoir des relances pour impayés.

Un autre signal très important apparaît lorsque vous ne savez plus précisément combien vous devez.

Quelle est la première chose à faire quand on a plusieurs dettes ?

Tout mettre à plat.

Pas seulement les crédits.

Listez absolument toutes les sommes dues :

  • crédit immobilier ;
  • crédit automobile ;
  • prêt personnel ;
  • crédit renouvelable ;
  • découvert bancaire ;
  • paiements fractionnés ;
  • loyers ou charges impayés ;
  • factures d'énergie ;
  • dettes fiscales ;
  • dettes envers des proches ;
  • autres impayés éventuels.

Pour chaque dette, notez :

  • le créancier ;
  • le montant restant dû ;
  • la mensualité ;
  • le taux lorsque vous le connaissez ;
  • la prochaine échéance ;
  • les éventuels retards ;
  • les frais ou pénalités ;
  • le statut du dossier s'il est déjà en recouvrement.

Le résultat peut être désagréable à regarder.

Mais une dette chiffrée devient un problème que l'on peut commencer à organiser.

Une accumulation de lettres fermées et de prélèvements inconnus reste beaucoup plus difficile à résoudre.

Comment savoir combien on peut réellement rembourser chaque mois ?

En construisant un budget qui commence par la réalité et non par la mensualité idéale.

Additionnez d'abord vos revenus réellement disponibles chaque mois.

Retirez ensuite les dépenses indispensables :

  • logement ;
  • énergie et eau ;
  • alimentation ;
  • assurances indispensables ;
  • transport nécessaire ;
  • frais liés aux enfants ;
  • santé restant à votre charge ;
  • impôts et obligations courantes ;
  • autres dépenses essentielles.

Ce qui reste constitue une base beaucoup plus réaliste pour déterminer votre capacité à rembourser.

Si vos mensualités de dettes sont supérieures à ce montant, la réponse n'est pas de supprimer l'alimentation ou de ne plus payer l'électricité.

Cela signifie surtout que la structure de votre dette doit probablement être adaptée.

Pourquoi faut-il distinguer les dépenses courantes des anciennes dettes ?

Parce qu'aggraver chaque mois les impayés de loyer, d'énergie ou d'assurance pour tenter de respecter coûte que coûte d'anciens crédits peut déplacer le problème vers des postes beaucoup plus essentiels.

Il faut néanmoins tenir compte de la nature juridique de chaque dette et des conséquences d'un impayé.

En cas de doute sur ce qu'il faut prioriser dans votre situation précise, un Point Conseil Budget ou un travailleur social peut justement vous aider à établir cet ordre.

Faut-il contacter ses créanciers avant d'être en impayé ?

Oui, lorsque vous savez déjà qu'une échéance va poser problème.

Il est souvent plus facile de négocier avant plusieurs mois d'impayés qu'après le lancement d'une procédure de recouvrement.

Expliquez simplement :

  • ce qui a changé dans votre situation ;
  • si la difficulté est temporaire ou durable ;
  • ce que vous pouvez raisonnablement payer ;
  • à partir de quand votre situation pourrait éventuellement s'améliorer.

Selon le contrat et le créancier, différentes solutions peuvent être envisagées :

  • étalement d'un impayé ;
  • modification temporaire de l'échéance ;
  • report de certaines mensualités ;
  • rééchelonnement de la dette ;
  • accord amiable.

Aucune de ces solutions n'est automatique : elle dépend du contrat, du créancier et de votre situation.

Faut-il demander un accord écrit ?

Oui.

Lorsqu'un créancier accepte un échéancier ou un délai, demandez une confirmation écrite indiquant :

  • le montant dû ;
  • les nouvelles échéances ;
  • la durée de l'accord ;
  • les éventuels frais ;
  • les conséquences si l'échéancier n'est pas respecté.

Pour les impayés de loyer, Service-Public recommande également de formaliser par écrit un accord d'étalement obtenu avec le bailleur.

Faut-il rembourser d'abord les petites dettes ou celles qui coûtent le plus cher ?

Les deux stratégies existent.

Commencer par les dettes les plus coûteuses

Si vous êtes en mesure de payer toutes vos échéances minimales, consacrer l'argent supplémentaire à la dette portant le taux le plus élevé permet en principe de réduire le coût total des intérêts.

C'est souvent pertinent lorsqu'un crédit renouvelable très coûteux cohabite avec des prêts à taux beaucoup plus faible.

Commencer par une petite dette

D'autres personnes préfèrent solder d'abord une petite dette afin de supprimer rapidement une mensualité et simplifier leur budget.

Mathématiquement, cette stratégie n'est pas toujours la moins chère.

Mais elle peut être plus facile à suivre psychologiquement.

Dans les deux cas, ces méthodes ne sont réellement adaptées que si vous êtes encore capable de respecter vos dépenses essentielles et les échéances minimales des autres dettes.

Est-ce une bonne idée de prendre un nouveau crédit pour rembourser ses dettes ?

Pas automatiquement.

C'est même l'un des pièges classiques.

Vous avez 500 euros de découvert.

Vous utilisez un crédit renouvelable pour remettre le compte à zéro.

Le découvert disparaît.

Mais si votre budget mensuel reste déficitaire, le compte recommence à descendre dans le rouge tandis que vous devez désormais également rembourser le crédit.

Vous avez alors transformé une dette en deux problèmes.

Un nouveau financement n'est pertinent que si la nouvelle structure améliore réellement votre situation et si votre budget redevient durablement équilibré.

Le regroupement ou rachat de crédits peut-il être une solution ?

Il peut l'être dans certaines situations, mais il faut regarder beaucoup plus loin que la nouvelle mensualité.

Le regroupement de crédits consiste à réunir plusieurs crédits ou dettes dans un nouveau prêt.

L'objectif recherché est souvent de réduire la somme à payer chaque mois.

Mais la Banque de France rappelle clairement qu'une mensualité plus basse ne signifie pas nécessairement que l'opération est moins chère.

La réduction de mensualité peut simplement venir d'un allongement important de la durée du prêt.

Que faut-il comparer avant d'accepter ?

Regardez notamment :

  • le montant total encore dû avant l'opération ;
  • le montant total à rembourser après regroupement ;
  • la nouvelle durée ;
  • le TAEG ;
  • les frais de dossier ;
  • le coût de l'assurance éventuelle ;
  • les garanties demandées ;
  • votre reste à vivre après la nouvelle mensualité.

Si vous gagnez 300 euros de respiration mensuelle mais devez rembourser plusieurs années supplémentaires et des milliers d'euros de plus au total, il faut comprendre précisément ce compromis avant de signer.

Pourquoi faut-il éviter de reprendre du crédit après un regroupement ?

Parce que le regroupement peut donner l'impression que le problème a disparu.

Plusieurs mensualités de 100, 150 et 250 euros sont remplacées par une mensualité unique plus faible.

Le compte paraît soudain beaucoup plus confortable.

Si vous recommencez immédiatement à utiliser :

  • un crédit renouvelable ;
  • du paiement fractionné ;
  • un nouveau prêt personnel ;

vous risquez de recréer une seconde couche de dette par-dessus le regroupement.

La priorité doit être de profiter de la baisse éventuelle des mensualités pour stabiliser durablement le budget.

Peut-on réduire les frais bancaires quand on rencontre des difficultés ?

Oui, dans certaines situations.

Les banques doivent identifier certains clients en situation de fragilité financière.

La Banque de France indique que les clients ainsi détectés bénéficient d'un plafonnement de certains frais d'incidents à 25 euros par mois.

La banque doit également leur proposer une offre spécifique « clientèle fragile ».

Cette offre coûte au maximum 3 euros par mois et permet notamment de limiter les frais d'incidents concernés à :

  • 20 euros par mois ;
  • 200 euros par an.

Elle comprend également des services bancaires adaptés, notamment une carte à autorisation systématique.

Pourquoi est-ce important lorsqu'on a des dettes ?

Parce qu'une succession de rejets de prélèvements, découverts et incidents peut encore réduire un budget déjà insuffisant.

Si vous rencontrez régulièrement ce type de frais, demandez à votre banque si vous êtes considéré comme client financièrement fragile et si l'offre spécifique peut vous être proposée.

Qu'est-ce qu'un Point Conseil Budget ?

C'est l'une des aides les plus utiles à connaître avant même d'en arriver au surendettement.

Les Points Conseil Budget, ou PCB, sont des structures labellisées par l'État qui accompagnent les personnes rencontrant des difficultés budgétaires.

Ils peuvent notamment vous aider à :

  • faire le point sur vos revenus et dépenses ;
  • identifier vos dettes ;
  • réorganiser votre budget ;
  • dialoguer avec des créanciers ;
  • identifier les aides auxquelles vous pourriez avoir droit ;
  • préparer un dossier de surendettement lorsque cela devient nécessaire.

Le service est gratuit.

Les PCB peuvent être portés par des associations, des centres sociaux ou des collectivités.

Quand faut-il envisager un dossier de surendettement ?

Lorsque, malgré vos efforts, vous n'arrivez plus à faire face à vos dettes de manière durable.

La Banque de France définit la procédure de traitement du surendettement comme un service public gratuit destiné aux particuliers qui ne peuvent plus faire face à leurs dettes.

Cela peut concerner notamment :

  • des crédits ;
  • un découvert ;
  • des loyers impayés ;
  • certaines dettes fiscales ;
  • des factures ;
  • plusieurs formes d'endettement cumulées.

Il faut notamment être de bonne foi, c'est-à-dire ne pas avoir volontairement organisé son surendettement.

Faut-il attendre d'être complètement ruiné ?

Non.

Attendre l'arrivée de nombreuses procédures de recouvrement n'améliore généralement pas la situation.

Si votre budget démontre clairement que vos revenus ne permettront plus de faire face à vos dettes malgré les négociations et les ajustements possibles, renseignez-vous rapidement auprès de la Banque de France ou d'un Point Conseil Budget.

Le dossier de surendettement est-il payant ?

Non.

La procédure gérée par la Banque de France est gratuite.

Vous pouvez déposer le dossier :

  • en ligne sur le site de la Banque de France lorsque vous remplissez les conditions du dépôt numérique ;
  • sur papier ;
  • par courrier ;
  • ou avec l'aide d'un intervenant social.

Pour le dépôt en ligne, un accès FranceConnect est notamment nécessaire.

La Banque de France est également joignable au 34 14 pour obtenir des informations sur la procédure.

Que se passe-t-il lorsqu'on dépose un dossier ?

La Banque de France vérifie d'abord que le dossier contient les informations et justificatifs nécessaires.

Une fois le dossier complet, il est présenté à la commission de surendettement.

La commission examine notamment :

  • votre situation personnelle et familiale ;
  • vos revenus ;
  • vos charges ;
  • vos dettes ;
  • votre patrimoine ;
  • votre capacité de remboursement ;
  • votre bonne foi.

Elle décide ensuite si le dossier est recevable.

Selon la Banque de France, il faut généralement environ 5 à 6 semaines entre le dépôt d'un dossier complet et cette première décision.

Est-on inscrit au FICP ?

Oui.

Dès le dépôt du dossier, une inscription au Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, le FICP, est générée.

L'objectif est notamment d'éviter que la situation d'endettement continue à s'aggraver avec de nouveaux crédits.

Cette inscription n'interdit pas de posséder un compte bancaire.

Faut-il arrêter de payer ses factures dès que le dossier est déposé ?

Non.

C'est un point important.

La Banque de France indique qu'au stade du dépôt, vous devez continuer à régler vos factures et vos dettes dans la mesure prévue par la procédure.

Elle demande notamment de continuer à payer les charges courantes telles que :

  • le loyer ;
  • les impôts ;
  • l'énergie ;
  • la téléphonie ;
  • les dépenses habituelles.

Vous ne devez pas non plus aggraver votre endettement en souscrivant de nouveaux crédits.

Les effets de la recevabilité du dossier modifient ensuite la manière dont certaines dettes doivent être traitées.

Suivez donc précisément les instructions adressées par la Banque de France plutôt que de décider vous-même d'interrompre tous les paiements.

Quelles solutions la commission de surendettement peut-elle proposer ?

Cela dépend entièrement de votre capacité réelle à rembourser.

Lorsque vos difficultés peuvent être résolues en adaptant les paiements, plusieurs mesures sont possibles.

Le rééchelonnement

Les dettes peuvent être réparties sur une durée plus longue afin de diminuer les sommes dues chaque mois.

La baisse du taux d'intérêt

Certaines mesures peuvent réduire les intérêts afin de rendre les remboursements plus supportables.

Le moratoire

Le paiement de certaines dettes peut être suspendu pendant une période afin de laisser le temps à la situation de s'améliorer.

L'effacement partiel

Une partie de certaines dettes peut être effacée lorsque le remboursement intégral n'est pas compatible avec votre capacité financière.

Le rétablissement personnel

Lorsque la situation est considérée comme irrémédiablement compromise et qu'aucune capacité de remboursement suffisante n'existe, la commission peut orienter le dossier vers un rétablissement personnel.

Celui-ci peut conduire à l'effacement de dettes, avec ou sans liquidation judiciaire selon le patrimoine détenu.

Est-il vraiment possible d'effacer ses dettes ?

Oui, dans certaines situations prévues par la loi.

Ce n'est ni automatique ni une simple demande d'annulation adressée à la Banque de France.

La commission analyse d'abord l'ensemble de la situation financière et patrimoniale.

Lorsque celle-ci est irrémédiablement compromise, un rétablissement personnel peut permettre d'effacer les dettes concernées par la procédure.

Selon les statistiques 2025 de la Banque de France, 34 % des dossiers traités ont donné lieu à un effacement total dans le cadre d'un rétablissement personnel.

D'autres dossiers ont donné lieu à des mesures de remboursement, parfois accompagnées d'un effacement partiel.

142 670 dossiers

En 2025, les commissions de surendettement de France hexagonale ont traité 142 670 dossiers orientés vers les différentes solutions de la procédure, soit une hausse de 8,8 % par rapport à 2024 selon la Banque de France.

Toutes les dettes peuvent-elles être effacées ?

Non.

Certaines dettes sont exclues, totalement ou sous certaines conditions, de l'effacement dans le cadre du rétablissement personnel.

La Banque de France cite notamment :

  • les dettes alimentaires ;
  • certaines dettes pénales et amendes ;
  • certaines dettes frauduleuses envers des organismes sociaux ;
  • les prêts sur gage ;
  • certaines dettes payées à votre place par une caution personne physique ;
  • certaines dettes fiscales.

Il ne faut donc jamais partir du principe que « déposer un dossier Banque de France efface toutes les dettes ».

Peut-on déposer un dossier de surendettement lorsqu'on est propriétaire ?

Oui.

Le fait d'être propriétaire de sa résidence principale n'empêche pas automatiquement de bénéficier de la procédure.

La Banque de France indique que la commission cherchera autant que possible une solution permettant de conserver la résidence principale, notamment en essayant d'abord de construire un accord avec les créanciers.

Mais cela n'est pas garanti.

Si aucune solution viable n'est possible sans mobiliser le patrimoine, une vente du bien peut devenir nécessaire.

Combien de temps dure une procédure de surendettement ?

Cela dépend de la complexité du dossier.

La Banque de France indique qu'un dossier est généralement traité en 4 à 6 mois.

Certaines situations peuvent être plus longues, notamment lorsqu'elles impliquent des contestations, du patrimoine immobilier ou une procédure judiciaire.

Pendant l'instruction, il est important de :

  • ouvrir les courriers de la Banque de France ;
  • répondre aux demandes de justificatifs ;
  • signaler toute modification importante de votre situation ;
  • respecter les instructions reçues.

Une absence de réponse peut compromettre le traitement du dossier.

Que faire si un commissaire de justice ou une société de recouvrement vous contacte ?

Ne l'ignorez pas.

Mais ne payez pas non plus n'importe quelle somme sans comprendre ce qui vous est réclamé.

Vérifiez :

  • l'identité du créancier ;
  • l'origine de la dette ;
  • le montant principal ;
  • les éventuels intérêts et frais ;
  • le stade de la procédure ;
  • les documents reçus.

La DGCCRF a déjà relevé dans le secteur du recouvrement amiable des pratiques consistant notamment à réclamer des frais indus ou à poursuivre certaines créances sans vérification suffisante.

Si vous contestez la dette ou les sommes demandées, demandez les justificatifs nécessaires et, si besoin, sollicitez un accompagnement juridique.

Que faire lorsque la dette concerne le loyer ?

Il faut agir particulièrement vite.

Service-Public recommande de contacter le bailleur dès que vous savez que vous aurez des difficultés à payer.

Vous pouvez notamment demander :

  • un délai ;
  • un paiement en plusieurs fois ;
  • un échéancier écrit.

Des aides peuvent également être recherchées auprès de la CAF ou de la MSA, du Fonds de solidarité pour le logement ou d'autres organismes selon la situation.

Le service gratuit SOS loyers impayés peut également informer les locataires confrontés à un risque d'expulsion.

Si les difficultés de loyer s'accompagnent d'autres dettes importantes, le dépôt d'un dossier de surendettement peut également devenir pertinent.

Quels sont les pièges à éviter quand on essaie de sortir de ses dettes ?

RéflexePourquoi il peut aggraver la situation
Ne plus ouvrir les courriersLes délais et procédures continuent même lorsque vous ne les regardez pas
Prendre un crédit renouvelable pour finir chaque moisLa nouvelle mensualité aggrave le déficit des mois suivants
Multiplier les paiements en 3 ou 4 foisLes petites mensualités s'accumulent et réduisent le budget futur
Accepter un regroupement uniquement parce que la mensualité baisseLa durée et le coût total peuvent fortement augmenter
Attendre plusieurs impayés avant de contacter les créanciersLes possibilités d'accord amiable peuvent se réduire
Payer une société privée pour déposer un dossier de surendettementLa procédure Banque de France est gratuite
Arrêter tous les paiements dès le dépôt du dossierIl faut suivre précisément les règles et instructions de la procédure

Dans la vraie vie : 1 900 € de revenus et des mensualités devenues impossibles

Prenons un exemple fictif.

Une personne dispose de 1 900 euros de revenus mensuels.

Elle doit payer :

  • 750 € de loyer et charges ;
  • 180 € d'énergie, téléphone et assurances ;
  • 350 € d'alimentation et dépenses essentielles ;
  • 150 € de transport ;
  • 240 € de prêt personnel ;
  • 160 € de crédit automobile ;
  • 120 € de crédit renouvelable ;
  • et possède déjà 600 € de découvert.

Sur le papier, les échéances continuent à passer.

En réalité, le budget ne permet presque plus d'absorber le moindre imprévu.

Le premier mois, le découvert augmente.

Le deuxième, une facture est reportée.

Le troisième, un paiement en quatre fois permet de remplacer un appareil indispensable.

La situation devient progressivement plus fragile.

La mauvaise stratégie serait de demander immédiatement un nouveau crédit de 2 000 euros pour remettre le compte à zéro sans modifier le reste.

Quelques mois plus tard, la personne risquerait de retrouver le même découvert avec une nouvelle mensualité en plus.

Une meilleure approche consiste à :

  1. dresser l'état complet des dettes ;
  2. calculer le budget réellement disponible ;
  3. interrompre la création de nouvelles dettes ;
  4. contacter les prêteurs pour connaître les possibilités d'aménagement ;
  5. vérifier les frais bancaires et l'éligibilité éventuelle à l'offre clientèle fragile ;
  6. prendre rendez-vous avec un Point Conseil Budget ;
  7. évaluer avec cet accompagnement si les dettes restent remboursables ou si un dossier de surendettement devient nécessaire.

Quel plan suivre concrètement pour reprendre le contrôle ?

Vous pouvez procéder en quatre étapes.

Étape 1 : arrêter l'aggravation

  • ne souscrivez pas de nouveau crédit par réflexe ;
  • limitez les achats fractionnés ;
  • identifiez les prélèvements non indispensables ;
  • protégez votre budget courant essentiel.

Étape 2 : connaître les chiffres

  • listez toutes les dettes ;
  • calculez vos revenus ;
  • calculez vos dépenses essentielles ;
  • déterminez ce qui reste réellement disponible.

Étape 3 : négocier ce qui peut l'être

  • contactez les créanciers ;
  • demandez les possibilités de rééchelonnement ;
  • obtenez les accords par écrit ;
  • analysez les conséquences financières avant d'accepter.

Étape 4 : demander de l'aide si les chiffres ne fonctionnent toujours pas

  • Point Conseil Budget ;
  • CCAS ou travailleur social ;
  • Banque de France au 34 14 ;
  • dossier de surendettement lorsque la situation le justifie.

Le chiffre à retenir

≈ 95 %

La Banque de France indique qu'en moyenne, ces dernières années, environ 95 % des dossiers de surendettement déposés ont été acceptés par les commissions. Cela ne signifie pas un effacement automatique : chaque situation fait ensuite l'objet d'une solution adaptée.

Quand faut-il demander de l'aide sans attendre ?

Plus tôt que beaucoup de personnes ne l'imaginent.

Une aide extérieure est particulièrement utile lorsque :

  • vous avez plusieurs échéances impayées ;
  • votre découvert augmente chaque mois ;
  • vous empruntez pour payer d'autres crédits ;
  • vous ne pouvez plus payer normalement votre loyer ou votre énergie ;
  • vous avez reçu un commandement de payer ou un acte de recouvrement ;
  • vous ne connaissez plus le montant global de vos dettes ;
  • vos revenus ont durablement baissé ;
  • aucun budget réaliste ne permet de respecter les échéances.

Demander conseil ne vous engage pas automatiquement dans une procédure de surendettement.

Un Point Conseil Budget peut très bien conclure qu'un rééchelonnement amiable est suffisant.

L'important est de disposer d'un regard extérieur avant que les possibilités se réduisent.

En résumé

Gérer ses dettes commence par une étape peu spectaculaire mais essentielle : savoir exactement combien on doit et combien on peut réellement rembourser.

Tant que vous parvenez encore à maintenir un budget équilibré, vous pouvez organiser les remboursements et concentrer vos efforts sur les dettes les plus coûteuses ou les plus faciles à solder.

Lorsque les mensualités deviennent incompatibles avec vos revenus, il faut changer de logique.

Contactez rapidement les créanciers, recherchez les possibilités de rééchelonnement et vérifiez les dispositifs permettant de limiter certains frais bancaires.

Ne considérez pas automatiquement un nouveau crédit ou un regroupement de crédits comme une solution : une mensualité plus faible peut masquer une durée et un coût total beaucoup plus élevés.

Si vous ne savez plus comment construire un budget viable, les Points Conseil Budget proposent un accompagnement gratuit.

Et lorsque les revenus ne permettent plus durablement de faire face aux dettes malgré les efforts réalisés, la procédure de surendettement de la Banque de France existe précisément pour rechercher une solution tenable.

Selon le dossier, cela peut passer par un rééchelonnement, un moratoire, une réduction des intérêts, un effacement partiel ou un rétablissement personnel conduisant à l'effacement de certaines dettes.

Le point essentiel est donc de ne pas attendre de ne plus avoir aucune solution.

Plus les difficultés sont identifiées tôt, plus il reste généralement de leviers pour réorganiser le budget, négocier et éviter que les dettes continuent à produire de nouvelles dettes.

Sources

Auteur

BQ

L'expert Argent

Spécialiste Argent & consommation — Bonne Question

Banque, abonnements, garanties, remboursements et droits du consommateur : il chiffre chaque situation et indique les délais et recours réels, sources officielles à l'appui (service-public.fr, Code de la consommation, DGCCRF).

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