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Quels sont les éléments clés à vérifier avant d'acheter un bien immobilier ?

La cuisine est superbe, le salon donne exactement sur l'exposition que vous cherchiez et vous vous imaginez déjà poser vos cartons dans l'entrée. C'est précisément à ce moment qu'il faut devenir un peu moins enthousiaste. Un achat immobilier se joue souvent sur ce que l'on ne remarque pas pendant les vingt premières minutes d'une visite : une toiture à refaire, une copropriété qui prépare un ravalement, un mur qui a été repeint après une infiltration, une extension difficilement régularisable ou une facture énergétique bien supérieure à ce que laisse imaginer la décoration. Avant de faire une offre, il faut donc regarder le bien comme un futur propriétaire, pas seulement comme un visiteur.

18 min de lecturePublié le 1 septembre 2026Mis à jour le 4 octobre 2026Par L'expert Argent
Quels sont les éléments clés à vérifier avant d'acheter un bien immobilier ?

La réponse en bref

Avant d'acheter un bien immobilier, ne vérifiez pas seulement son prix et son état apparent. Comparez-le aux ventes réellement réalisées dans le quartier, inspectez la toiture, les murs, l'humidité, l'électricité, la plomberie et l'assainissement, analysez le DPE et les éventuels travaux énergétiques, consultez Géorisques et les règles d'urbanisme, puis calculez le coût total du projet avec les frais d'acquisition, la taxe foncière, les charges et les travaux. Pour un appartement, étudiez également les trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale, les comptes de la copropriété et les travaux programmés. Enfin, si vous empruntez, veillez à ce que l'avant-contrat comporte une condition suspensive d'obtention du prêt adaptée à votre financement.

En bref

  • 1Comparez le prix demandé aux ventes réellement réalisées dans le secteur grâce notamment à la base DVF.
  • 2Visitez si possible le bien plusieurs fois et à des heures différentes.
  • 3Inspectez la structure, l'humidité, la toiture, les menuiseries, l'électricité, la plomberie et l'assainissement.
  • 4Ne vous contentez pas de la lettre du DPE : regardez les consommations estimées, les équipements et les travaux recommandés.
  • 5Pour certaines maisons ou monopropriétés classées E, F ou G, un audit énergétique doit être fourni lors de la vente.
  • 6Consultez Géorisques pour vérifier notamment les risques d'inondation, de retrait-gonflement des argiles, de pollution ou de radon.
  • 7En copropriété, lisez les trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale et étudiez les charges, impayés et travaux prévus.
  • 8Calculez le coût total du projet : prix, frais d'acquisition, crédit, assurance, taxe foncière, charges et travaux.
  • 9Si vous empruntez, la promesse doit prévoir une condition suspensive d'obtention du prêt.
  • 10L'acquéreur non professionnel d'un logement bénéficie généralement d'un délai de rétractation de 10 jours après notification de l'avant-contrat.

Le prix demandé correspond-il vraiment au prix du marché ?

C'est la première vérification à effectuer.

Une annonce à 350 000 euros ne signifie pas que le bien vaut 350 000 euros.

C'est simplement le prix demandé par le vendeur.

Pour savoir s'il est cohérent, comparez le logement à des biens réellement vendus et non uniquement aux autres annonces actuellement publiées.

Comment connaître les prix réellement payés dans le quartier ?

L'État met gratuitement à disposition la base « Demande de valeurs foncières », ou DVF.

Elle permet de consulter les transactions immobilières des cinq dernières années avec notamment :

  • la date de vente ;
  • le prix de transaction ;
  • la surface ;
  • le nombre de pièces ;
  • le type de bien.

Il faut évidemment comparer ce qui est comparable.

Deux appartements de 70 m² situés dans la même rue peuvent avoir des valeurs très différentes si l'un dispose d'un extérieur, d'un ascenseur, d'un parking ou d'une rénovation complète.

Mais DVF permet de repérer rapidement un prix manifestement éloigné des dernières transactions du secteur.

Pourquoi faut-il visiter le logement plusieurs fois ?

Parce qu'un logement peut changer radicalement selon l'heure.

Un appartement parfaitement calme un mardi à 11 heures peut devenir beaucoup plus bruyant à 18 h 30.

Une maison lumineuse à 15 heures peut être très sombre le matin.

Un quartier tranquille le week-end peut être saturé de circulation pendant les heures de pointe.

L'ANIL recommande justement, lorsque cela est possible, d'effectuer plusieurs visites à des horaires différents.

Que faut-il observer autour du logement ?

Prenez quelques minutes pour sortir du bien et marcher dans le quartier.

Vérifiez notamment :

  • le bruit routier ;
  • les commerces ;
  • les transports ;
  • le stationnement ;
  • les écoles si cela vous concerne ;
  • la circulation ;
  • les activités nocturnes ;
  • les constructions voisines ;
  • les futurs projets urbains.

Ouvrez également les fenêtres pendant la visite.

Un double vitrage peut masquer une nuisance sonore que vous découvrirez seulement lorsque vous voudrez dormir la fenêtre ouverte en été.

Quels éléments techniques faut-il inspecter dans une maison ?

Commencez par ce qui serait le plus coûteux à réparer.

Une peinture défraîchie est rarement un problème majeur.

Une toiture, une structure ou une infiltration peuvent l'être.

La toiture

Demandez son âge et la date des dernières interventions.

Regardez si vous observez :

  • des tuiles déplacées ;
  • une toiture irrégulière ;
  • des traces d'infiltration dans les combles ;
  • des auréoles sur les plafonds ;
  • des éléments de charpente attaqués ou humides.

Si vous avez un doute sur une maison ancienne, faire venir un professionnel du bâtiment avant de vous engager peut être une dépense extrêmement rentable.

Les fissures

Toutes les fissures ne signalent pas un problème structurel.

Certaines sont superficielles.

Mais une fissure importante, évolutive, traversante ou présente à plusieurs endroits mérite une analyse plus poussée.

Ne vous contentez pas d'une explication orale du vendeur si le phénomène semble significatif.

L'humidité

Cherchez :

  • des taches ;
  • des cloques dans la peinture ;
  • des moisissures ;
  • du salpêtre ;
  • des plinthes gonflées ;
  • une odeur persistante de cave ou de renfermé.

Regardez particulièrement :

  • les angles ;
  • les bas de murs ;
  • les pièces d'eau ;
  • les murs enterrés ;
  • l'arrière des meubles ;
  • le pourtour des fenêtres.

Que faut-il vérifier dans l'électricité ?

Le diagnostic électrique donne déjà des informations importantes lorsque l'installation entre dans le champ de l'obligation de diagnostic.

Mais pendant la visite, regardez également le tableau électrique et l'état général des équipements.

Un logement ancien peut fonctionner parfaitement tout en nécessitant une rénovation significative de son installation.

Si des anomalies apparaissent dans le diagnostic, ne vous contentez pas de constater leur existence.

Demandez-vous combien coûtera leur correction.

Que faut-il vérifier dans la plomberie ?

Testez les équipements.

Ouvrez plusieurs robinets.

Vérifiez :

  • la pression de l'eau ;
  • l'arrivée de l'eau chaude ;
  • l'évacuation des lavabos et éviers ;
  • les traces de fuite sous les meubles ;
  • l'état des joints ;
  • l'âge du chauffe-eau ou de la chaudière.

Un débit faible ou une évacuation lente n'est pas nécessairement dramatique, mais doit être compris avant l'achat.

Comment vérifier l'assainissement d'une maison ?

Demandez si la maison est raccordée au réseau public d'assainissement collectif.

Si elle dispose d'un assainissement non collectif, le dossier de diagnostic technique comporte, dans les situations concernées, un document relatif à cette installation.

Une installation non conforme peut entraîner des travaux parfois importants.

Ne considérez donc pas la fosse septique comme un simple détail technique situé au fond du jardin.

Quels diagnostics immobiliers faut-il lire avant d'acheter ?

Le vendeur doit fournir un dossier de diagnostic technique, ou DDT.

Son contenu varie selon le bien, son âge et sa localisation.

Il peut notamment contenir des informations relatives :

  • au DPE ;
  • à l'amiante ;
  • au plomb ;
  • aux termites ;
  • à l'installation électrique ;
  • à l'installation de gaz ;
  • aux risques naturels, miniers et technologiques ;
  • à l'assainissement non collectif pour certaines maisons ;
  • au bruit des aérodromes dans les zones concernées.

L'erreur serait de considérer ces documents comme une formalité administrative destinée uniquement au notaire.

Ils font partie des éléments qui doivent guider votre décision et votre négociation.

Pourquoi le DPE est-il devenu si important ?

Parce qu'il renseigne à la fois sur la performance énergétique et climatique du logement.

Il comporte notamment :

  • la classe énergétique ;
  • la classe climatique ;
  • les systèmes de chauffage ;
  • la production d'eau chaude ;
  • la ventilation ;
  • une estimation des dépenses annuelles d'énergie pour un usage standard ;
  • des recommandations de travaux.

Un logement classé F ou G peut donc représenter bien davantage qu'une facture de chauffage élevée.

Il peut également nécessiter un programme de rénovation important pour améliorer son confort, sa valeur et, dans le cas d'un investissement locatif, sa capacité à être loué dans les années à venir.

Que faut-il savoir sur le DPE en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité utilisé pour calculer l'énergie primaire du DPE est passé de 2,3 à 1,9.

Les DPE réalisés à partir de cette date utilisent automatiquement cette nouvelle valeur.

Les DPE antérieurs qui restent juridiquement valables ne doivent pas systématiquement être refaits.

Lorsqu'une amélioration de l'étiquette résulte du nouveau coefficient, une attestation actualisée peut être téléchargée sur le service prévu par l'Ademe.

Pour un bien chauffé à l'électricité, il peut donc être utile de vérifier que l'étiquette que vous consultez tient compte de la situation actualisée.

Dans quels cas faut-il aussi regarder l'audit énergétique ?

En 2026, l'audit énergétique réglementaire concerne notamment la vente de maisons individuelles et de certains immeubles appartenant à un même propriétaire lorsqu'ils sont classés E, F ou G au DPE.

Cet audit va plus loin que le DPE.

Il propose notamment des scénarios de travaux permettant d'améliorer progressivement la performance du logement.

Il fournit aussi des estimations du coût des travaux.

Faut-il demander les anciennes factures d'énergie ?

C'est utile, avec une précaution.

La consommation réelle des anciens occupants dépend de leurs habitudes :

  • nombre de personnes ;
  • température de chauffage ;
  • présence dans le logement ;
  • usage de la climatisation ;
  • consommation d'eau chaude.

Une facture ne permet donc pas de prédire exactement la vôtre.

Mais elle peut compléter utilement les données conventionnelles du DPE.

Pourquoi faut-il consulter Géorisques avant d'acheter ?

Parce que certains défauts potentiels d'un bien ne sont pas visibles pendant une visite.

Géorisques permet de vérifier l'exposition d'une adresse ou d'une parcelle à différents phénomènes.

Selon les zones, cela peut notamment concerner :

  • les inondations ;
  • les mouvements de terrain ;
  • le retrait-gonflement des argiles ;
  • la sismicité ;
  • les risques industriels ;
  • la pollution des sols ;
  • le radon ;
  • le recul du trait de côte ;
  • certaines obligations liées aux feux de forêt et au débroussaillement.

L'état des risques doit être communiqué dans le cadre de la vente lorsque le bien entre dans les situations prévues par la réglementation.

Géorisques indique également que cet état doit être remis dès la première visite pour les biens concernés par l'obligation d'information.

Pourquoi le retrait-gonflement des argiles est-il important pour une maison ?

Certains sols argileux se contractent pendant les périodes sèches puis gonflent lorsqu'ils se réhydratent.

Ces mouvements peuvent exercer des contraintes sur les bâtiments.

Si vous achetez une maison présentant des fissures dans une zone fortement exposée, le croisement entre l'état du bâtiment et les informations Géorisques devient particulièrement intéressant.

Faut-il vérifier le plan local d'urbanisme avant d'acheter ?

Oui, surtout si votre projet dépend de futurs travaux.

Vous achetez peut-être la maison actuelle en pensant déjà :

  • construire une extension ;
  • surélever le bâtiment ;
  • installer une piscine ;
  • créer un garage ;
  • diviser un terrain ;
  • transformer une dépendance.

Ce projet n'est pas automatiquement possible parce que vous disposez physiquement de la place.

Les règles du plan local d'urbanisme peuvent encadrer :

  • l'emprise au sol ;
  • la hauteur ;
  • les distances par rapport aux limites ;
  • l'aspect extérieur ;
  • les stationnements ;
  • la destination des constructions.

Le ministère de l'Économie recommande d'ailleurs de vérifier les projets urbains et le PLU avant l'achat lorsque ceux-ci peuvent avoir une incidence sur le bien ou sur un futur projet d'extension.

Comment vérifier que les travaux déjà réalisés sont réguliers ?

Une maison peut avoir été agrandie, modifiée ou restructurée plusieurs fois.

Si vous observez :

  • une extension ;
  • une véranda ;
  • une piscine ;
  • une pièce aménagée dans un ancien garage ;
  • une modification importante de façade ;

demandez quels travaux ont été réalisés et quels documents administratifs les accompagnent.

Votre notaire peut vous aider à analyser les pièces disponibles.

En cas de doute important, des vérifications auprès du service d'urbanisme de la commune peuvent également être nécessaires.

Que faut-il absolument vérifier avant d'acheter un appartement en copropriété ?

Ici, vous n'achetez pas seulement un appartement.

Vous entrez dans une organisation qui possède :

  • des comptes ;
  • un immeuble à entretenir ;
  • des équipements ;
  • des règles ;
  • des projets de travaux.

Un appartement impeccable peut donc devenir une mauvaise affaire si l'immeuble est sur le point de nécessiter plusieurs centaines de milliers d'euros de travaux.

Quels documents faut-il lire ?

L'ANIL indique notamment que l'acquéreur doit recevoir ou pouvoir étudier :

  • le règlement de copropriété ;
  • l'état descriptif de division ;
  • les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales ;
  • la fiche synthétique de la copropriété ;
  • le carnet d'entretien ;
  • le diagnostic technique global s'il existe ;
  • les informations relatives aux charges ;
  • les impayés de la copropriété ;
  • le fonds de travaux.

Pourquoi les procès-verbaux d'assemblée générale sont-ils si importants ?

Parce qu'ils racontent souvent ce que l'annonce immobilière ne dit pas.

En quelques pages, vous pouvez découvrir :

  • un ravalement évoqué depuis deux ans ;
  • une toiture à réparer ;
  • une chaudière collective vieillissante ;
  • un problème récurrent d'infiltration ;
  • des litiges entre copropriétaires ;
  • des impayés importants ;
  • des travaux déjà votés ;
  • un projet de rénovation énergétique.

Ne lisez donc pas uniquement la dernière assemblée générale.

Certains projets importants sont repoussés plusieurs années avant d'être finalement votés.

Qu'est-ce que le plan pluriannuel de travaux ?

Dans les copropriétés concernées, le projet de plan pluriannuel de travaux permet d'anticiper les interventions nécessaires sur plusieurs années.

Il peut comporter :

  • une liste de travaux ;
  • une estimation de leur coût ;
  • un échéancier sur dix ans ;
  • leur impact attendu sur la performance énergétique.

En 2026, cette question est devenue particulièrement importante puisque le dispositif a été progressivement étendu aux copropriétés de plus de 15 ans comportant des logements.

Si un projet de plan prévoit plusieurs opérations lourdes dans les prochaines années, vous devez en tenir compte dans votre budget avant d'acheter.

Comment savoir qui paiera les travaux de copropriété ?

Ne supposez jamais simplement que « les travaux ont été votés avant la vente donc c'est au vendeur de payer ».

Les règles de répartition dépendent notamment de la date d'exigibilité des appels de fonds et des accords éventuellement prévus entre vendeur et acquéreur.

L'ANIL rappelle qu'après notification de la vente au syndic, le nouveau copropriétaire devient redevable des provisions et appels de fonds exigibles à son égard.

Le vendeur et l'acquéreur peuvent convenir d'une répartition différente entre eux, mais celle-ci n'est pas nécessairement opposable au syndic.

Faites donc préciser ce point dans l'avant-contrat et par votre notaire lorsqu'un chantier important est déjà voté.

Le règlement de copropriété peut-il bloquer votre projet ?

Oui.

Il définit notamment la destination de l'immeuble, l'utilisation des lots et certaines règles applicables aux parties privatives et communes.

Si votre achat dépend d'un projet précis, vérifiez-le avant de signer.

Par exemple :

  • exercer une activité professionnelle ;
  • transformer un local ;
  • modifier une façade ;
  • installer certains équipements ;
  • réunir ou transformer des lots.

Une autorisation d'urbanisme ne remplace pas nécessairement l'accord exigé par les règles de copropriété, et inversement.

Comment calculer le vrai coût d'un achat immobilier ?

Le prix affiché n'est que le début.

Votre budget doit aussi intégrer :

  • les frais d'acquisition communément appelés « frais de notaire » ;
  • les frais de dossier du crédit ;
  • la garantie du prêt ;
  • l'assurance emprunteur ;
  • les éventuels honoraires d'agence ;
  • les travaux immédiats ;
  • les travaux à moyen terme ;
  • la taxe foncière ;
  • les charges de copropriété ;
  • l'assurance habitation ;
  • le déménagement ;
  • l'équipement ou l'ameublement nécessaire.

Les frais d'acquisition comprennent principalement des taxes et droits, les débours ainsi que la rémunération réglementée du notaire.

Leur montant dépend notamment de la nature du bien et de la localisation.

Utilisez donc un simulateur officiel ou demandez une estimation au notaire plutôt que d'appliquer aveuglément un pourcentage trouvé sur Internet.

Pourquoi faut-il demander le montant de la taxe foncière ?

Parce qu'elle devient une dépense récurrente dès que vous êtes propriétaire.

Son montant peut varier fortement d'un bien et d'une commune à l'autre.

Demandez au vendeur son dernier avis de taxe foncière afin de disposer d'un ordre de grandeur.

Gardez néanmoins à l'esprit que ce montant peut évoluer au fil des années.

Combien peut-on emprunter pour acheter ?

Les établissements bancaires évaluent notamment votre taux d'effort et votre reste à vivre.

Les règles du Haut Conseil de stabilité financière prévoient en principe un taux d'effort maximal de 35 %, assurance emprunteur comprise.

La durée du crédit est en principe limitée à 25 ans, avec certaines possibilités spécifiques et une marge de flexibilité accordée aux banques pour une partie de leur production.

Mais 35 % n'est pas un objectif à atteindre absolument.

Une mensualité représentant 35 % du revenu peut être confortable pour certains ménages et trop élevée pour d'autres selon :

  • leurs revenus ;
  • leur nombre d'enfants ;
  • leurs dépenses de transport ;
  • les charges du futur logement ;
  • leurs autres projets ;
  • leur épargne de sécurité.

Faut-il garder de l'épargne après l'achat ?

Lorsque votre situation le permet, oui.

Utiliser jusqu'au dernier euro disponible pour augmenter l'apport peut devenir risqué.

Les premiers mois de propriété apportent souvent des dépenses qui n'avaient pas été parfaitement anticipées :

  • petite réparation ;
  • équipement à remplacer ;
  • travaux ;
  • appel de charges ;
  • frais d'installation ;
  • dépense liée au déménagement.

Conserver une épargne de précaution évite de devoir immédiatement recourir à un crédit à la consommation après avoir souscrit un crédit immobilier.

Pourquoi la condition suspensive de prêt est-elle essentielle ?

Si vous financez l'achat grâce à un crédit immobilier, la promesse de vente doit comporter une condition suspensive d'obtention du prêt.

Elle précise notamment les caractéristiques du financement recherché.

Si vous n'obtenez pas le prêt dans les conditions prévues et que vous avez effectué correctement les démarches nécessaires, la vente peut être abandonnée sans la pénalité qui s'appliquerait à un désistement injustifié.

Les sommes versées doivent alors vous être restituées dans les conditions prévues.

Service-Public indique que le délai prévu pour obtenir le financement ne peut pas être inférieur à un mois et qu'il est couramment fixé à environ 45 à 60 jours.

Pourquoi les caractéristiques du prêt inscrites dans le compromis comptent-elles ?

Parce que vous devez rechercher un financement correspondant aux conditions prévues.

Si la clause indique un montant, une durée ou un taux maximal totalement déconnectés du financement que vous demandez réellement, cela peut créer des difficultés en cas de refus bancaire.

Faites donc rédiger cette clause avec attention.

Peut-on prévoir d'autres conditions suspensives ?

Oui, selon le projet et l'accord entre les parties.

Un achat peut parfois dépendre d'un élément déterminant autre que le crédit.

Par exemple :

  • la vente préalable d'un autre logement ;
  • l'obtention d'une autorisation nécessaire au projet ;
  • certaines vérifications spécifiques au bien.

Toutes les situations ne justifient pas les mêmes clauses.

Expliquez donc clairement votre projet au notaire avant de signer l'avant-contrat.

Faut-il prendre son propre notaire ?

Vous pouvez choisir votre propre notaire même lorsque le vendeur en a déjà un.

Dans une vente classique, l'intervention de deux notaires ne signifie pas que vous payerez deux fois les frais d'acte : les professionnels se répartissent la rémunération prévue pour l'acte selon les règles applicables.

Avoir son propre interlocuteur peut être particulièrement rassurant lorsque :

  • le montage est complexe ;
  • vous achetez à plusieurs ;
  • le bien comporte des travaux ou extensions ;
  • une servitude doit être étudiée ;
  • vous avez besoin de conditions suspensives spécifiques.

Que faut-il vérifier sur les servitudes ?

Certaines propriétés sont soumises à des droits bénéficiant à un autre fonds ou inversement.

Cela peut par exemple concerner :

  • un droit de passage ;
  • l'accès à une canalisation ;
  • certaines contraintes liées aux réseaux ;
  • des droits ou obligations inscrits dans les actes.

Votre notaire vérifie les éléments juridiques attachés à la propriété.

Si un chemin traverse physiquement le terrain ou si un voisin utilise manifestement une partie de la parcelle, posez la question dès la visite.

Comment vérifier la surface du bien ?

Pour un lot de copropriété répondant aux conditions prévues par la loi, la superficie privative dite « loi Carrez » doit figurer dans l'avant-contrat et l'acte.

L'ANIL rappelle que si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle indiquée dans l'acte, l'acquéreur peut, dans certaines conditions, demander une diminution proportionnelle du prix.

Pour une maison individuelle, la question des surfaces doit être étudiée différemment.

Vérifiez que les surfaces annoncées correspondent à ce que vous achetez réellement et que les annexes, dépendances ou extensions sont clairement identifiées.

Faut-il vérifier l'assurance dommages-ouvrage des travaux récents ?

Oui lorsque des travaux importants concernés ont été réalisés récemment.

L'ANIL conseille notamment de demander l'attestation d'assurance dommages-ouvrage lorsque le logement a été construit ou a fait l'objet de travaux lourds depuis moins de dix ans.

Demandez également :

  • les factures ;
  • les coordonnées des entreprises ;
  • les garanties ;
  • les autorisations d'urbanisme associées aux travaux lorsqu'elles étaient nécessaires.

Quels défauts justifient de faire venir un professionnel avant l'achat ?

Chaque fois qu'une mauvaise estimation pourrait représenter plusieurs milliers ou dizaines de milliers d'euros.

Par exemple :

  • fissures importantes ;
  • charpente suspecte ;
  • toiture ancienne ;
  • humidité persistante ;
  • maison très ancienne ;
  • rénovation lourde envisagée ;
  • installation électrique à reprendre ;
  • assainissement problématique.

Une seconde visite avec un artisan, un architecte ou un professionnel compétent peut transformer une impression générale en estimation budgétaire.

C'est particulièrement utile avant de déterminer le prix que vous êtes réellement prêt à offrir.

La checklist avant de faire une offre

ÉlémentCe qu'il faut vérifier
PrixComparer avec les transactions DVF et des biens réellement comparables
QuartierBruit, transports, stationnement, commerces et projets urbains
StructureFissures, murs, planchers, toiture et charpente
HumiditéOdeurs, taches, moisissures, infiltrations et ventilation
Électricité / gazDiagnostics, ancienneté et coût potentiel des corrections
PlomberiePression, fuites, évacuations, chauffe-eau ou chaudière
ÉnergieDPE, équipements, estimation des dépenses et audit énergétique si applicable
RisquesConsulter Géorisques et l'état des risques
UrbanismePLU, travaux existants et faisabilité de vos futurs projets
CopropriétéPV d'AG, charges, impayés, travaux, règlement et fonds de travaux
FiscalitéDernière taxe foncière et charges récurrentes
FinancementMensualité, assurance, garantie, reste à vivre et épargne restante
Avant-contratConditions suspensives, délais, annexes et description exacte du bien

Le chiffre à retenir

10 jours

Lors de l'achat d'un logement existant, l'acquéreur non professionnel bénéficie généralement d'un délai légal de rétractation de 10 jours après la notification ou remise de l'avant-contrat dans les conditions prévues par la réglementation.

Dans la vraie vie : l'appartement parfait à 320 000 €

Vous visitez un appartement affiché 320 000 euros.

Il vient d'être rénové.

Cuisine neuve, parquet impeccable, salle de bain moderne.

Vous êtes presque prêt à faire une offre au prix.

Vous commencez pourtant par consulter DVF.

Plusieurs logements comparables dans la même rue ont récemment été vendus sensiblement moins cher.

Puis vous lisez les procès-verbaux de copropriété.

Vous découvrez que le ravalement de façade est discuté depuis deux ans.

Un devis à six chiffres a déjà été présenté mais le vote a été reporté.

La toiture fait également l'objet d'une étude.

Le DPE est classé E.

La taxe foncière est plus élevée que ce que vous aviez intégré à votre budget.

Rien de tout cela ne signifie nécessairement qu'il ne faut plus acheter.

Mais ce n'est plus le même achat.

Au lieu d'acheter un appartement rénové à 320 000 euros, vous achetez potentiellement un appartement à 320 000 euros auquel vont s'ajouter des dépenses de copropriété significatives.

Vous pouvez alors :

  • renoncer ;
  • demander davantage d'informations ;
  • faire chiffrer votre quote-part potentielle ;
  • ou ajuster votre offre en conséquence.

Quelles questions poser pendant la deuxième visite ?

  1. Pourquoi le propriétaire vend-il ?
  2. Depuis combien de temps le bien est-il en vente ?
  3. Quels travaux ont été réalisés et à quelles dates ?
  4. Quels travaux restent à prévoir ?
  5. Quel est l'âge de la toiture, du chauffage et du chauffe-eau ?
  6. Y a-t-il déjà eu des infiltrations ou dégâts des eaux ?
  7. Quel est le montant de la taxe foncière ?
  8. Quelles sont les consommations énergétiques réelles disponibles ?
  9. Existe-t-il des servitudes ?
  10. Pour une maison, comment fonctionne l'assainissement ?
  11. Pour un appartement, quels travaux la copropriété envisage-t-elle ?
  12. Existe-t-il des procédures ou impayés importants dans la copropriété ?
  13. Les extensions et transformations ont-elles fait l'objet des démarches nécessaires ?
  14. Les équipements et éléments visibles pendant la visite resteront-ils dans le logement ?

Faut-il faire une offre rapidement lorsqu'un bien plaît beaucoup ?

Un marché tendu peut imposer de prendre une décision assez rapidement.

Mais rapidité ne signifie pas absence de vérification.

Certaines informations obligatoires peuvent vous être remises plus tard, notamment avec l'avant-contrat.

L'acquéreur non professionnel bénéficie par ailleurs du délai légal de rétractation prévu pour l'achat d'un logement.

Mais cela ne signifie pas qu'il faut signer n'importe quelle offre en comptant uniquement sur la possibilité de revenir en arrière.

Une offre d'achat est un acte juridique.

Lisez-la attentivement et demandez conseil à un professionnel en cas de doute.

Quels documents conserver avant la signature définitive ?

Centralisez au minimum :

  • l'annonce immobilière ;
  • les échanges importants avec le vendeur ou l'agence ;
  • le DDT ;
  • le DPE ;
  • l'audit énergétique lorsqu'il est requis ;
  • l'état des risques ;
  • les documents de copropriété ;
  • les devis de travaux ;
  • les documents d'urbanisme obtenus ;
  • l'offre d'achat ;
  • l'avant-contrat ;
  • les simulations et offres de financement.

Ces documents vous permettront de comparer ce qui vous a été annoncé avec ce qui figure finalement dans les contrats.

En résumé

Un bon achat immobilier ne commence pas par une cuisine, un parquet ou une vue.

Il commence par une série de vérifications.

Vérifiez d'abord que le prix est cohérent avec les ventes réelles du secteur.

Puis regardez le bâtiment : toiture, fissures, humidité, électricité, plomberie, chauffage et assainissement.

Analysez ensuite les documents.

Le DPE vous renseigne sur la performance énergétique, mais une maison classée E, F ou G peut également nécessiter l'étude de son audit énergétique réglementaire.

Consultez Géorisques et le PLU si la localisation ou vos futurs travaux peuvent être concernés.

En copropriété, les trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale sont presque aussi importants que la visite de l'appartement : ils permettent d'anticiper les travaux, les problèmes et les dépenses futures.

Enfin, calculez toujours le coût complet.

Le prix d'achat n'est qu'une partie du projet. Ajoutez les frais d'acquisition, le crédit, l'assurance, la taxe foncière, les charges et les travaux.

Et lorsque votre achat dépend d'un prêt ou d'une condition déterminante, assurez-vous que l'avant-contrat vous protège correctement.

La bonne question n'est finalement pas seulement : « Est-ce que ce logement me plaît ? » C'est : « Maintenant que je connais son prix, son état, ses contraintes et ses dépenses futures, est-ce que je veux toujours l'acheter ? »

Sources

Auteur

BQ

L'expert Argent

Spécialiste Argent & consommation — Bonne Question

Banque, abonnements, garanties, remboursements et droits du consommateur : il chiffre chaque situation et indique les délais et recours réels, sources officielles à l'appui (service-public.fr, Code de la consommation, DGCCRF).

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