Comment se protéger des arnaques et fraudes en ligne ?
Le message paraît crédible. Votre colis ne pourrait pas être livré. Une amende attendrait son paiement. Votre banque aurait détecté une opération suspecte. Ou peut-être qu'un conseiller vous appelle directement, connaît votre nom, votre banque et même une partie de vos coordonnées. Le problème des arnaques en ligne aujourd'hui n'est plus seulement qu'elles existent : c'est qu'elles ressemblent de plus en plus aux vrais messages que nous recevons tous les jours. La meilleure défense n'est donc pas d'apprendre par cœur chaque arnaque. C'est d'adopter quelques réflexes qui fonctionnent presque à chaque fois.

La réponse en bref
Pour se protéger des arnaques en ligne, le réflexe le plus important est de ne jamais agir dans l'urgence. Ne cliquez pas directement sur un lien reçu par SMS, email ou messagerie lorsqu'il concerne votre banque, une livraison, une amende ou un compte à sécuriser. Rendez-vous vous-même sur le site ou l'application officielle. Utilisez des mots de passe différents, activez la double authentification, mettez vos appareils à jour et ne communiquez jamais un code bancaire reçu par SMS ou une validation demandée dans votre application. Si vous êtes victime, contactez immédiatement votre banque lorsqu'un paiement est concerné, changez les accès compromis et utilisez le service public 17Cyber pour être orienté.
En bref
- 1Ne cliquez pas sur un lien reçu dans un message alarmant : ouvrez vous-même le site ou l'application officielle.
- 2Un numéro de téléphone affiché comme celui de votre banque ne garantit pas que l'appel est authentique.
- 3Un conseiller bancaire ne doit jamais vous demander de lui transmettre un mot de passe, un code de validation ou de valider une opération pour soi-disant l'annuler.
- 4Utilisez un mot de passe différent pour chaque service important et activez la double authentification lorsqu'elle est disponible.
- 5Le cadenas HTTPS ne suffit pas à prouver qu'un site est légitime.
- 6Avant un achat inhabituel, vérifiez le nom de domaine, l'identité du vendeur et la réputation du site.
- 7En cas de fraude ou de doute sérieux, agissez vite : banque, changement des mots de passe et 17Cyber.
Pourquoi les arnaques en ligne sont-elles devenues si difficiles à repérer ?
Parce que les escrocs n'ont plus besoin d'écrire un message rempli de fautes grossières pour essayer de vous piéger.
Ils peuvent copier :
- le logo d'une banque ;
- les couleurs d'un service public ;
- la mise en page d'un site de livraison ;
- le nom d'une grande enseigne ;
- le ton utilisé dans les véritables emails transactionnels.
Ils peuvent également disposer de véritables informations vous concernant à la suite de fuites de données.
En juillet 2026, la Banque de France rappelait que les vols de données personnelles peuvent notamment être utilisés pour préparer de nouvelles opérations d'hameçonnage, des fraudes bancaires ou des usurpations d'identité.
Un escroc qui connaît votre nom, votre numéro de téléphone ou même votre banque n'est donc pas nécessairement un interlocuteur légitime.
Quelle est l'arnaque en ligne la plus fréquente ?
L'hameçonnage, ou phishing, reste l'une des menaces les plus courantes.
Cybermalveillance.gouv.fr indique qu'en 2025, l'hameçonnage représentait environ un tiers de ses demandes d'assistance tous publics confondus.
Le principe est toujours proche.
Un escroc se fait passer pour un organisme connu afin de vous pousser à :
- cliquer sur un lien ;
- vous connecter à un faux site ;
- entrer vos coordonnées bancaires ;
- communiquer un mot de passe ;
- installer une application ;
- ou valider une opération.
À quoi ressemble un message de phishing ?
Il peut par exemple annoncer :
- « Votre colis est bloqué » ;
- « Votre carte Vitale doit être renouvelée » ;
- « Une amende reste impayée » ;
- « Votre compte bancaire va être suspendu » ;
- « Un paiement de 699 € est en cours » ;
- « Votre abonnement arrive à expiration » ;
- « Vous avez droit à un remboursement ».
Le contenu change, mais l'objectif reste souvent le même : vous faire agir avant que vous ayez le temps de réfléchir.
Pourquoi l'urgence est-elle le meilleur allié des escrocs ?
Parce que nous prenons moins le temps de vérifier lorsqu'une menace semble immédiate.
Les messages frauduleux utilisent souvent :
- la peur de perdre de l'argent ;
- la peur de perdre un colis ;
- la peur d'une sanction ;
- la peur de voir son compte bloqué ;
- ou au contraire la perspective d'un remboursement ou d'une bonne affaire.
Une phrase comme « Vous avez 30 minutes pour contester cette opération » n'est donc pas seulement informative.
Elle cherche surtout à provoquer une réaction immédiate.
Que faire lorsqu'on reçoit un SMS ou un email suspect ?
Ne partez pas du principe qu'il est faux.
Mais ne partez pas non plus du principe qu'il est vrai.
Vérifiez par vous-même.
Si le message prétend venir de votre banque
N'utilisez ni le lien ni le numéro de téléphone indiqué dans le message.
Ouvrez directement l'application bancaire installée sur votre téléphone ou saisissez vous-même l'adresse habituelle de votre banque.
Vous pouvez également appeler le numéro officiel que vous connaissez déjà.
Si le message concerne un colis
Rendez-vous directement sur le site ou l'application du transporteur et utilisez le numéro de suivi de votre commande.
Ne payez pas automatiquement 1,49 € ou 2,99 € de prétendus frais de nouvelle livraison simplement parce qu'un SMS vous l'affirme.
Si le message annonce une amende ou une démarche administrative
Accédez au service public concerné directement depuis son adresse officielle.
Cybermalveillance.gouv.fr signalait encore à l'été 2026 la circulation de faux messages usurpant notamment l'identité de l'ANTAI et du site officiel des amendes.
Comment vérifier un lien sans se faire piéger ?
Le plus sûr reste de ne pas utiliser le lien lorsque vous pouvez accéder au service autrement.
Si vous devez malgré tout analyser une adresse, regardez surtout le véritable nom de domaine.
Par exemple, un escroc peut créer une adresse ressemblant visuellement à celle d'une entreprise en ajoutant :
- un tiret ;
- une lettre ;
- un mot supplémentaire ;
- une extension inhabituelle ;
- ou un sous-domaine destiné à tromper l'œil.
Une différence minuscule peut suffire.
Le cadenas HTTPS garantit-il qu'un site est fiable ?
Non.
Le cadenas et HTTPS indiquent essentiellement que la connexion entre votre navigateur et le site est chiffrée.
Ils ne prouvent pas que la personne qui exploite le site est honnête.
Un faux site peut parfaitement disposer d'un certificat HTTPS valide.
Comment reconnaître un faux site marchand ?
Un seul indice ne suffit généralement pas.
Il faut regarder l'ensemble.
Soyez particulièrement prudent si :
- les prix sont incroyablement inférieurs à ceux du marché ;
- tout le catalogue semble être en promotion permanente ;
- les mentions légales sont absentes ou incohérentes ;
- aucune identité claire de société n'apparaît ;
- les conditions de vente semblent copiées ou mal traduites ;
- le service client est impossible à identifier ;
- le site vient d'être découvert uniquement grâce à une publicité sur un réseau social ;
- le paiement demandé est inhabituel ou difficilement réversible.
Cybermalveillance.gouv.fr recommande notamment de vérifier la réputation d'un vendeur et de ne pas se laisser séduire uniquement par une offre particulièrement attractive.
Une publicité sur Google ou Instagram garantit-elle que le vendeur est fiable ?
Non.
Le fait qu'une publicité apparaisse sur un moteur de recherche ou un réseau social ne constitue pas une certification du commerçant.
Les fraudeurs utilisent eux aussi la publicité pour attirer des visiteurs vers de faux sites de vente, de faux placements ou d'autres escroqueries.
Si vous découvrez une marque inconnue grâce à une publicité, cherchez son nom séparément avant d'acheter.
Comment éviter les arnaques sur Leboncoin, Vinted ou Marketplace ?
Les plateformes de vente entre particuliers constituent un terrain fréquent pour différentes escroqueries.
Un faux acheteur peut par exemple vous demander :
- votre adresse email ;
- votre numéro de téléphone ;
- de cliquer sur un faux lien de paiement ;
- de sortir de la messagerie officielle ;
- de payer de prétendus frais pour recevoir votre argent.
Cybermalveillance.gouv.fr recommande de rester autant que possible dans les systèmes de messagerie et de paiement proposés par la plateforme.
Si quelqu'un insiste pour poursuivre immédiatement la conversation sur WhatsApp ou par SMS, demandez-vous pourquoi.
Un acheteur doit-il connaître les coordonnées de votre carte pour vous payer ?
Non.
Pour recevoir un paiement, vous n'avez jamais besoin de communiquer :
- le numéro complet de votre carte ;
- sa date d'expiration ;
- le cryptogramme situé au dos ;
- un code d'authentification reçu par SMS.
Si quelqu'un vous demande ces informations pour soi-disant « débloquer » un paiement qu'il vous envoie, arrêtez la transaction.
Pourquoi les faux conseillers bancaires sont-ils particulièrement dangereux ?
Parce qu'ils combinent plusieurs techniques.
L'escroc peut connaître :
- votre identité ;
- votre numéro de téléphone ;
- le nom de votre banque ;
- voire certaines informations bancaires obtenues auparavant.
Il vous appelle ensuite pour vous annoncer qu'une fraude serait en cours.
Puis il vous propose de « sécuriser » votre compte.
Cybermalveillance.gouv.fr a observé une très forte progression de cette fraude en 2025, avec une hausse de 159 % des demandes d'assistance des particuliers.
Le numéro affiché peut-il vraiment être celui de ma banque ?
Oui.
Des techniques d'usurpation du numéro d'appelant peuvent permettre de faire apparaître un numéro crédible.
Le numéro affiché à l'écran ne suffit donc pas à authentifier l'appel.
Que ne vous demandera jamais un vrai conseiller bancaire ?
Cybermalveillance.gouv.fr est très clair sur ce point.
Un conseiller ne doit pas vous demander de lui communiquer :
- votre mot de passe bancaire ;
- un code de confirmation reçu par SMS ;
- le code secret de votre carte ;
- ou de valider une opération dans votre application pour prétendument la supprimer.
Il ne doit pas non plus envoyer quelqu'un récupérer votre carte bancaire à votre domicile.
Pourquoi ne faut-il jamais appeler le numéro d'opposition indiqué dans un SMS ?
Parce qu'une arnaque devenue particulièrement visible consiste précisément à envoyer un faux message bancaire comportant un faux numéro d'urgence.
Le message peut annoncer :
« Un débit de 659,99 € est en attente. Si vous n'êtes pas à l'origine de cette opération, contactez immédiatement le service opposition. »
C'est alors vous qui appelez l'escroc.
Cybermalveillance.gouv.fr alertait encore en août 2026 sur la progression de cette technique.
Utilisez uniquement :
- le numéro indiqué dans votre application bancaire ;
- le numéro présent sur le site officiel que vous avez ouvert vous-même ;
- ou les coordonnées officielles déjà connues.
Pourquoi faut-il utiliser un mot de passe différent pour chaque site ?
Parce qu'un seul vol de données peut sinon ouvrir plusieurs de vos comptes.
Imaginons que vous utilisiez le même mot de passe pour :
- votre messagerie ;
- un site marchand ;
- un réseau social ;
- un service de streaming.
Le site marchand subit une fuite.
Des criminels récupèrent votre adresse email et votre mot de passe.
Ils peuvent ensuite automatiquement essayer cette même combinaison sur de nombreux autres services.
C'est ce que l'on appelle notamment le credential stuffing.
Un mot de passe unique par service limite fortement les conséquences d'une fuite.
Comment retenir des dizaines de mots de passe différents ?
Vous n'avez justement pas besoin de les retenir tous.
Un gestionnaire de mots de passe peut créer et stocker des mots de passe longs et uniques.
Vous devez alors particulièrement protéger le compte principal du gestionnaire avec :
- un mot de passe maître solide ;
- et une authentification à plusieurs facteurs lorsqu'elle est disponible.
La double authentification protège-t-elle vraiment ?
Oui, elle améliore nettement la sécurité d'un compte.
La CNIL encourage l'utilisation de la double authentification lorsque cela est possible.
Le principe consiste à demander autre chose que le seul mot de passe.
Cela peut être :
- une validation sur un appareil ;
- une application d'authentification ;
- une clé physique ;
- une donnée biométrique ;
- ou, selon les services, un code complémentaire.
Ainsi, un pirate qui récupère uniquement votre mot de passe n'a pas nécessairement de quoi se connecter.
Alors pourquoi des fraudes existent-elles malgré l'authentification forte ?
Parce que les escrocs essaient désormais de faire réaliser l'authentification par la victime elle-même.
La Banque de France souligne que l'authentification forte reste efficace contre les fraudes pour lesquelles elle a été conçue, mais que les fraudeurs adaptent leurs méthodes, notamment en manipulant les payeurs.
Au lieu de contourner techniquement votre sécurité, ils peuvent simplement essayer de vous convaincre de cliquer vous-même sur « Valider ».
C'est pourquoi il faut toujours lire précisément l'opération que vous êtes en train d'autoriser.
Pourquoi les mises à jour sont-elles importantes contre les fraudes ?
Parce qu'une arnaque ne consiste pas toujours à vous faire communiquer volontairement des informations.
Certains sites, fichiers ou logiciels malveillants cherchent également à exploiter des vulnérabilités techniques.
Les mises à jour de :
- votre smartphone ;
- votre ordinateur ;
- votre navigateur ;
- vos applications ;
- et vos logiciels ;
corrigent régulièrement des failles de sécurité.
Cybermalveillance.gouv.fr recommande donc d'appliquer les mises à jour de sécurité de manière régulière et systématique.
Faut-il installer des applications à partir d'un lien reçu par SMS ?
Non.
Si un message vous demande d'installer :
- une mise à jour de sécurité ;
- une application bancaire ;
- un logiciel de livraison ;
- un outil de prise en main à distance ;
ne le faites pas directement depuis le lien.
Cybermalveillance.gouv.fr recommande d'utiliser les magasins d'applications et les sites officiels.
Méfiez-vous particulièrement lorsqu'un interlocuteur au téléphone vous demande d'installer une application de contrôle ou de partage d'écran.
Le partage d'écran avec un faux conseiller est-il dangereux ?
Oui.
Cybermalveillance.gouv.fr indiquait avoir observé en 2025 des escrocs utilisant notamment WhatsApp pour demander aux victimes d'activer le partage d'écran.
L'escroc peut alors voir en temps réel :
- votre application bancaire ;
- vos opérations ;
- certaines informations personnelles ;
- les écrans que vous êtes en train de valider.
Ne partagez jamais votre écran bancaire avec une personne qui vous appelle à l'improviste.
Comment reconnaître une arnaque au placement financier ?
Méfiez-vous d'abord de la promesse.
Rendement élevé, risque présenté comme quasiment nul, urgence pour investir et interlocuteur très insistant forment une combinaison particulièrement suspecte.
Cybermalveillance.gouv.fr a observé en 2025 une hausse de 277 % des demandes d'assistance liées aux faux placements financiers chez les particuliers.
Ces arnaques peuvent commencer par :
- une publicité sur les réseaux sociaux ;
- une fausse interview d'une personnalité ;
- un groupe WhatsApp ;
- un faux conseiller en investissement ;
- un site imitant une plateforme connue.
Avant d'envoyer de l'argent, vérifiez que l'acteur est réellement autorisé à proposer le produit concerné.
Pour les acteurs financiers, les registres officiels tels que REGAFI et ORIAS constituent des points de contrôle utiles.
L'intelligence artificielle rend-elle les arnaques plus crédibles ?
Elle peut faciliter la création de contenus plus convaincants.
Un message parfaitement écrit n'est donc plus une preuve de fiabilité.
De même, une image, une voix ou une vidéo d'apparence réaliste ne doit pas suffire à vous convaincre d'effectuer un paiement.
Pour les demandes inhabituelles impliquant de l'argent, revenez toujours à une vérification indépendante.
Que faire si un proche vous demande soudainement de l'argent par message ?
Appelez-le directement avec le numéro que vous connaissez déjà.
Ne vous contentez pas de répondre dans la même conversation.
Son compte de messagerie pourrait avoir été piraté.
Pour les familles, convenir à l'avance d'une question ou d'un moyen de vérification supplémentaire peut également être utile pour les demandes financières inhabituelles.
Quels sont les principaux signaux d'alerte ?
| Situation | Pourquoi se méfier |
|---|---|
| On vous demande d'agir immédiatement | L'urgence empêche de prendre le temps de vérifier |
| On vous demande un code reçu par SMS | Il peut servir à autoriser une opération ou une connexion |
| On vous demande de valider une opération pour l'annuler | Vous pourriez valider précisément la fraude |
| Une offre est beaucoup trop avantageuse | Les faux sites et faux placements utilisent souvent des prix ou rendements irréalistes |
| On vous demande de quitter une plateforme officielle | L'escroc cherche parfois à contourner ses protections |
| On vous demande d'installer une application | Elle peut être malveillante ou permettre une prise en main à distance |
| On vous demande de partager votre écran | L'interlocuteur peut observer vos données ou validations bancaires |
| Un numéro connu apparaît sur votre téléphone | Le numéro affiché peut être usurpé |
Quels sont les 10 réflexes qui protègent le mieux au quotidien ?
- utilisez des mots de passe différents pour vos comptes importants ;
- activez la double authentification ;
- mettez régulièrement vos appareils et applications à jour ;
- ne cliquez pas directement sur les liens contenus dans les messages alarmants ;
- ouvrez vous-même les applications ou sites officiels ;
- ne transmettez jamais un code d'authentification bancaire à un tiers ;
- ne validez jamais une opération que vous n'avez pas vous-même initiée ;
- vérifiez un vendeur inconnu avant d'effectuer un achat ;
- méfiez-vous des demandes urgentes impliquant de l'argent ;
- au moindre doute sérieux, interrompez la conversation et contactez l'organisme par un canal officiel.
Le chiffre à retenir
1 sur 3
En 2025, l'hameçonnage a représenté environ un tiers des demandes d'assistance enregistrées par Cybermalveillance.gouv.fr tous publics confondus.
Dans la vraie vie : votre banque vous appelle pour un paiement de 849 €
Votre téléphone sonne.
Le nom ou le numéro affiché ressemble à celui de votre banque.
L'interlocuteur connaît votre nom.
Il vous explique qu'un paiement de 849 euros vient d'être détecté à l'étranger.
Vous paniquez.
Il vous rassure :
« Ne vous inquiétez pas, je vais l'annuler immédiatement. Vous allez simplement recevoir une notification dans votre application. Validez-la pour confirmer l'annulation. »
C'est précisément le moment où il faut arrêter.
Ne validez rien.
Raccrochez.
Ouvrez vous-même votre application bancaire.
Vérifiez vos opérations.
Puis contactez votre banque avec son numéro officiel.
Même si l'appelant connaissait votre nom.
Même si son numéro semblait correct.
Même s'il connaissait le nom de votre agence.
Et même s'il parlait parfaitement comme un conseiller bancaire.
Que faire si j'ai cliqué sur un lien frauduleux ?
Tout dépend de ce que vous avez fait ensuite.
Vous avez seulement ouvert la page
Fermez-la.
Ne téléchargez rien et ne saisissez aucune information.
Assurez-vous que votre navigateur et votre système sont à jour.
Vous avez donné un mot de passe
Modifiez-le immédiatement depuis le véritable site.
Si vous utilisiez le même mot de passe ailleurs, changez-le également sur les autres comptes concernés.
Activez la double authentification et vérifiez les connexions ou appareils actuellement autorisés.
Vous avez communiqué vos coordonnées bancaires
Contactez immédiatement votre banque.
Elle pourra déterminer les mesures nécessaires, notamment l'opposition à la carte selon la situation.
Vous avez installé un programme ou une application
Déconnectez si nécessaire l'appareil compromis du réseau et demandez rapidement une assistance technique.
Le service public 17Cyber peut vous aider à identifier la marche à suivre.
Que faire si de l'argent a déjà été volé ?
Il faut agir rapidement.
- contactez immédiatement votre banque ;
- faites opposition à la carte si elle ou ses données ont été compromises ;
- demandez à la banque si un virement peut encore être suspendu ou rappelé ;
- changez les mots de passe des comptes compromis ;
- conservez tous les messages, captures d'écran, numéros de téléphone et justificatifs ;
- utilisez 17Cyber pour identifier les démarches adaptées ;
- signalez ou déposez plainte selon la nature de la fraude.
N'effacez pas immédiatement les messages frauduleux.
Ils peuvent servir de preuves.
Où signaler une fraude en ligne en France ?
Le bon service dépend de la situation.
| Problème | Service utile |
|---|---|
| Vous ne savez pas précisément de quelle cybermalveillance vous êtes victime | 17Cyber |
| Utilisation frauduleuse de votre carte bancaire sur Internet alors que vous avez toujours la carte | Banque puis signalement Perceval lorsque les conditions sont réunies |
| SMS ou appel frauduleux | 33700 |
| Email indésirable ou phishing | Signal Spam et dispositifs de signalement adaptés |
| Contenu ou comportement illicite sur Internet | PHAROS lorsque la situation relève de la plateforme |
| Escroquerie ayant entraîné un préjudice | Police ou gendarmerie / dépôt de plainte selon la situation |
Qu'est-ce que 17Cyber ?
17Cyber est le service public gratuit d'assistance en ligne proposé conjointement par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr.
Il permet d'effectuer un diagnostic de la situation et d'obtenir des recommandations personnalisées.
Lorsque le problème le nécessite, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme peut également être proposé.
Le service est disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Comment protéger ses parents ou ses proches contre les arnaques ?
Évitez de leur donner une liste interminable de scénarios.
Les escroqueries changent trop vite.
Donnez-leur plutôt une règle simple :
« Si quelqu'un te contacte à propos d'argent ou d'un compte à sécuriser, ne fais rien immédiatement. Appelle-moi ou contacte l'organisme toi-même. »
Cette règle fonctionne contre :
- le faux conseiller bancaire ;
- le faux colis ;
- le faux service des impôts ;
- le faux technicien informatique ;
- la fausse amende ;
- le proche dont le compte a été piraté.
Il est également utile de configurer avec eux :
- la double authentification ;
- les mises à jour automatiques ;
- un gestionnaire de mots de passe ;
- les alertes de paiement de leur banque.
En résumé
On ne peut pas mémoriser toutes les arnaques présentes sur Internet.
Et ce n'est pas nécessaire.
Les scénarios changent, mais les mécanismes utilisés restent étonnamment similaires.
On crée une urgence.
On usurpe l'identité d'un organisme connu.
On vous demande ensuite de cliquer, payer, communiquer une information ou valider une action.
Votre meilleure protection consiste donc à casser cette mécanique.
Ne faites pas l'action demandée par le message. Vérifiez la situation par vous-même depuis un canal officiel.
Utilisez également des mots de passe uniques, activez la double authentification et gardez vos appareils à jour.
Et retenez surtout qu'aucun véritable conseiller bancaire n'a besoin que vous lui communiquiez un code reçu par SMS ou que vous validiez une opération frauduleuse pour pouvoir l'annuler.
Enfin, si vous pensez avoir été piégé, ne perdez pas de temps à avoir honte ou à essayer de tout régler seul.
Contactez votre banque lorsqu'un paiement est concerné, sécurisez les comptes compromis, conservez les preuves et utilisez les dispositifs officiels comme 17Cyber.
Face aux arnaques en ligne, la rapidité compte après la fraude. Mais avant la fraude, c'est exactement l'inverse : prendre quelques secondes pour vérifier peut vous éviter beaucoup de problèmes.
Sources
- Cybermalveillance.gouv.fr — Qu'est-ce que le phishing ou hameçonnage ?Cybermalveillance.gouv.fr
- Cybermalveillance.gouv.fr — Que faire en cas de fraude au faux conseiller bancaire ?Cybermalveillance.gouv.fr
- Cybermalveillance.gouv.fr — Rapport d'activité et état de la menace 2025Cybermalveillance.gouv.fr
- Cybermalveillance.gouv.fr — 17Cyber, l'assistance en ligne aux victimesCybermalveillance.gouv.fr
- Banque de France — Recrudescence des vols de données personnellesBanque de France
- Banque de France — Authentification forte et sécurité des paiementsBanque de France
- CNIL — Mots de passe et authentification forteCNIL
- Service-Public.fr — Fraude à la carte bancaire sur InternetService-Public.fr
Auteur
Spécialiste Tech & numérique — Bonne Question
Smartphone, batterie, wifi, stockage, sécurité et données personnelles : il explique en clair quoi faire quand un appareil ralentit, chauffe ou vous inquiète, en s'appuyant sur les documentations officielles et les recommandations CNIL/ANSSI.
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