Énergie & électroménager

Faut-il baisser le chauffage la nuit pour économiser ?

Au moment de vous coucher, vous hésitez devant le thermostat. Descendre de quelques degrés semble raisonnable, mais une question revient : le chauffage ne va-t-il pas consommer encore plus pour tout réchauffer le matin ? Pour trouver le bon réglage, il faut regarder la nuit et le réveil ensemble, en tenant compte de la vitesse à laquelle votre logement refroidit puis se réchauffe.

5 min de lecturePublié le 1 octobre 2026Mis à jour le 4 octobre 2026Par L'expert Énergie
Faut-il baisser le chauffage la nuit pour économiser ?

La réponse en bref

Oui, baisser le chauffage la nuit peut réduire la consommation, notamment avec des radiateurs et une programmation adaptée. Une température plus basse limite les pertes de chaleur du logement. La baisse doit toutefois rester compatible avec votre confort et votre installation : une pompe à chaleur ou un plancher chauffant très inertiel demande souvent des variations plus faibles, voire une consigne stable.

En bref

  • 1Une température réduite la nuit peut éviter de chauffer inutilement.
  • 2La relance du matin n’annule pas automatiquement l’économie.
  • 3Avec une pompe à chaleur ou un plancher chauffant, évitez les baisses importantes sans vérifier les réglages adaptés.
  • 4Le meilleur programme est celui qui limite la consommation tout en assurant le confort au réveil.

Pourquoi une température plus basse peut-elle faire économiser ?

En hiver, un logement perd de la chaleur vers l’extérieur. À conditions comparables, ces pertes diminuent lorsque l’écart entre la température intérieure et la température extérieure se réduit. Garder le salon aussi chaud à trois heures du matin qu’en début de soirée peut donc entraîner une dépense inutile.

Il faudra ensuite réchauffer l’air, les murs et le mobilier. Mais cette remise en température ne signifie pas que toute l’économie réalisée disparaît. À rendement comparable du chauffage, une réduction des pertes pendant la nuit peut rester bénéfique sur l’ensemble du cycle. Le résultat dépend aussi de la régulation et du comportement de l’installation au redémarrage.

C’est le principe des programmes de température réduite : Energy Saving Trust explique leur utilisation sur les chauffages à chaudière, avec une consigne plus basse pendant le sommeil ou les absences.

À quelle température régler le chauffage la nuit ?

Pour une installation qui se prête à un abaissement nocturne, l’ADEME donne des repères selon les pièces :

PièceRepère pour la nuit
Salon ou bureau inoccupé16 à 17 °C.
ChambreAutour de 17 °C, à ajuster selon les besoins des occupants.
Salle de bains inutilisée16 à 17 °C ; prévoir une température plus élevée au moment de l’utilisation.

Ce sont des points de départ, pas une température à imposer à tout le monde. Les besoins d’un nourrisson ou d’une personne particulièrement sensible au froid demandent une adaptation. Vérifiez aussi la température réelle avec un thermomètre : le chiffre affiché sur un radiateur indique une consigne, pas nécessairement la température mesurée au milieu de la pièce.

Le bon réglage change-t-il selon le type de chauffage ?

Avec des radiateurs électriques

Utilisez la programmation ou le mode réduit pour abaisser la consigne. Sur certains appareils, le mode « Éco » correspond à un écart fixé par rapport au mode « Confort ». Atlantic indique par exemple un abaissement par défaut de 3,5 °C, modifiable selon les modèles.

Ainsi, avec un réglage Confort à 19 °C, cet écart donnerait une consigne Éco de 15,5 °C. Vérifiez ce que fait votre appareil avant de choisir ce mode : son nom ne garantit pas une température nocturne de 17 °C.

Avec une chaudière et des radiateurs à eau

Le thermostat programmable peut alterner une température de confort et une température réduite. Laissez la régulation piloter le chauffage et adaptez les horaires à votre rythme. Les robinets thermostatiques permettent, lorsque l’installation le prévoit, de moduler la température pièce par pièce. Leur rôle est détaillé dans le guide des commandes de chauffage d’Energy Saving Trust.

Avec une pompe à chaleur

Privilégiez une baisse légère ou une température relativement stable selon l’installation. Le rendement d’une PAC dépend notamment des conditions extérieures et de la température à laquelle elle fournit la chaleur. Une forte relance peut modifier ces conditions de fonctionnement.

Daikin recommande d’éviter les fortes baisses nocturnes et envisage une réduction légère. Atlantic indique aussi que l’intérêt de la programmation dépend des émetteurs : elle peut convenir aux radiateurs, sans être adaptée de la même façon au chauffage par le sol.

Avec un plancher chauffant

La dalle emmagasine la chaleur et la restitue lentement. Une baisse décidée au coucher peut donc se faire sentir tard, puis compliquer le retour à la température souhaitée le matin.

Les consignes varient selon le système. Pour ses PAC associées à un plancher basse température, Atlantic préconise un fonctionnement Confort permanent. Pour son plancher électrique Domocâble, le fabricant décrit au contraire une programmation avec faible abaissement et relance anticipée. La notice et le réglage réalisé par l’installateur doivent guider votre choix.

Vaut-il mieux baisser le thermostat ou tout éteindre ?

Une consigne réduite permet de limiter la baisse de température. Si vous demandez 17 °C et que la pièce reste au-dessus, un chauffage correctement régulé n’a pas besoin de chauffer pour atteindre cette consigne. Il pourra reprendre si la température descend davantage.

Vous n’avez donc pas besoin de couper l’alimentation générale chaque soir pour éviter la chauffe au-dessus du seuil choisi. Utilisez les fonctions de l’appareil. Cette méthode laisse la régulation faire son travail et évite de découvrir un logement trop froid au réveil.

À quelle heure faut-il relancer le chauffage ?

Le bon horaire dépend du temps nécessaire pour retrouver votre confort. Un logement qui refroidit peu et des radiateurs réactifs n’ont pas les mêmes besoins qu’une dalle épaisse. Pour son plancher Domocâble, Atlantic évoque une anticipation de deux à quatre heures selon l’inertie et l’isolation. Ce délai ne doit pas être appliqué à tous les chauffages.

Si la pièce reste froide malgré une relance suffisamment anticipée, faites vérifier le fonctionnement du chauffage. Des gargouillis ou des zones froides peuvent orienter vers un autre problème : notre article sur les radiateurs qui font du bruit au redémarrage aide à distinguer les situations.

Combien peut-on réellement économiser ?

L’ADEME cite une économie moyenne d’environ 7 % pour une baisse de consigne de 1 °C. Ce repère général ne permet pas de promettre 7 % sur votre facture totale après une baisse limitée à quelques heures chaque nuit.

Le résultat dépend de la durée du programme réduit, de la température réellement atteinte, de l’isolation, de la météo et du rendement du chauffage. Dans une maison qui reste presque à la même température jusqu’au matin, une consigne beaucoup plus basse ne signifie pas que la température a réellement baissé d’autant.

Comment trouver le bon programme chez vous ?

  1. Vérifiez la notice : identifiez les réglages recommandés et l’éventuelle fonction d’anticipation.
  2. Commencez par une baisse modérée si votre installation s’y prête : observez la température et votre confort au réveil.
  3. Ajustez un seul paramètre à la fois : la température réduite ou l’heure de relance.
  4. Comparez des périodes de météo et d’occupation proches : regardez les kWh sur l’ensemble de la journée, remise en température comprise.

Une seule nuit plus douce peut donner l’impression d’une économie spectaculaire. Quelques relevés sont utiles pour ajuster votre programme, mais ne suffisent pas à établir un gain annuel précis.

Si le chauffage n’est pas encore remis en service, la question se pose autrement : notre guide sur le moment de rallumer le chauffage à l’automne traite de ce premier choix. Une fois la saison de chauffe commencée, adaptez le programme nocturne au logement et au confort dont vous avez réellement besoin.

Sources

Auteur

BQ

L'expert Énergie

Spécialiste Énergie & électroménager — Bonne Question

Chauffage, chauffe-eau, frigo, lave-linge, veilles et factures : il traduit les kWh en euros pour dire quand éteindre, régler ou remplacer un appareil. Ses réponses s'appuient sur les données ADEME, les étiquettes énergie et les tarifs réglementés à jour.

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