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Mon vol est annulé : remboursement, autre vol ou avoir ?

Le téléphone vibre : votre vol est annulé. Dans l’application, un autre départ apparaît, parfois à une heure impossible, avec un bouton pour demander un remboursement ou récupérer un avoir. Avant de cliquer, prenez le temps de regarder ce que chaque option implique. Le choix compte surtout si vous devez absolument arriver à destination.

5 min de lecturePublié le 27 septembre 2026Mis à jour le 4 octobre 2026Par L'expert Voyage
Mon vol est annulé : remboursement, autre vol ou avoir ?

La réponse en bref

Si la compagnie annule un vol couvert par les règles européennes, elle doit vous laisser choisir entre le remboursement du billet et un réacheminement, au plus tôt ou à une date ultérieure selon les places disponibles. Le remboursement doit intervenir sous sept jours. Un avoir nécessite votre accord. Une indemnisation supplémentaire peut aussi être due, selon les circonstances de l’annulation.

En bref

  • 1La compagnie doit vous proposer un choix entre remboursement et réacheminement.
  • 2Vous pouvez refuser un avoir et demander un remboursement en argent.
  • 3Le remboursement du billet et l’indemnisation sont deux droits distincts.
  • 4Gardez le message d’annulation, les propositions et vos justificatifs.

Ces droits s’appliquent-ils à mon vol ?

Les règles européennes couvrent notamment les départs de l’Union européenne, de Norvège, d’Islande ou de Suisse, quelle que soit la compagnie. Pour un vol venant d’un pays extérieur et arrivant dans cette zone, elles concernent en principe les transporteurs européens. La DGAC précise le champ d’application et les exceptions, notamment lorsque des prestations ont déjà été accordées dans le pays de départ.

Les repères ci-dessous concernent une annulation décidée par la compagnie. Si vous renoncez vous-même à un vol maintenu, le remboursement dépend des conditions du billet et des éventuelles garanties souscrites. Un voyage à forfait, associant par exemple transport et hébergement, relève aussi de règles spécifiques.

Remboursement ou autre vol : qui choisit ?

C’est au passager de choisir parmi les solutions prévues. La fiche pratique de la DGAC rappelle que la compagnie ne peut pas imposer l’une de ces options.

Votre situationOption à demanderCe qu’elle prévoit
Vous renoncez au voyageRemboursement.Restitution du prix du billet concerné, sous sept jours.
Vous souhaitez partir au plus tôtRéacheminement dans les meilleurs délais.Transport vers votre destination finale dans des conditions comparables, sans supplément.
Vous préférez reporter le départRéacheminement à une date ultérieure.Date à votre convenance, dans des conditions comparables et selon les places disponibles.

Une fois votre choix effectué, vous ne bénéficiez normalement plus des deux autres possibilités, comme l’explique le portail européen Your Europe. Si vous voulez toujours voyager, examinez donc les solutions de remplacement avant de demander le remboursement.

Par exemple, récupérer les 90 euros de votre billet ne résout pas forcément le problème si le seul départ disponible coûte maintenant 280 euros. Le réacheminement mérite d’être étudié avant de racheter un billet par vos propres moyens.

Un billet non remboursable peut-il être remboursé ?

Oui, lorsque la compagnie annule un vol relevant de ces règles. La mention « non remboursable » ne supprime pas le droit prévu en cas d’annulation par le transporteur. Vous n’avez pas besoin d’avoir acheté un tarif flexible pour demander ce remboursement.

L’article 8 du règlement européen prévoit un paiement sous sept jours, au prix d’achat, pour les parties du voyage non effectuées. Les parties déjà parcourues peuvent aussi être concernées si elles sont devenues inutiles par rapport au voyage initial, avec, si nécessaire, un retour au point de départ.

Un itinéraire avec correspondance demande donc de regarder l’ensemble du billet. Si l’aller et le retour ont été achetés séparément, ne supposez pas que l’annulation de l’un entraîne automatiquement le remboursement de l’autre.

La compagnie peut-elle imposer un avoir ?

Non. Un avoir suppose votre accord. Il permet de payer un futur voyage selon des conditions fixées par la compagnie. Avant de l’accepter, vérifiez sa durée de validité, les vols utilisables, la possibilité de l’employer en plusieurs fois et ce que devient un éventuel solde.

Un clic peut avoir des conséquences. La Cour de justice de l’Union européenne a précisé qu’un formulaire en ligne peut valoir acceptation d’un bon de voyage, à condition que le passager ait reçu une information claire et complète lui permettant de choisir en connaissance de cause.

Si vous préférez récupérer l’argent, choisissez explicitement cette option. Si seul un avoir apparaît à l’écran, conservez une capture et adressez une demande écrite au service client.

Qui paie les repas et l’hôtel pendant l’attente ?

Si vous attendez un réacheminement au plus tôt, la compagnie doit assurer une prise en charge adaptée à l’attente : boissons, repas, deux communications et, lorsqu’une nuit sur place devient nécessaire, hébergement et transferts.

Demandez d’abord l’organisation prévue. Si aucune assistance n’est fournie et que vous devez payer, conservez les factures. Your Europe précise que les frais nécessaires, appropriés et raisonnables doivent être remboursés.

Cette prise en charge accompagne l’attente du départ au plus tôt ou du retour nécessaire. Elle ne finance pas les nuits supplémentaires d’un séjour que vous choisissez de prolonger en reportant votre voyage à votre convenance.

Peut-on obtenir une indemnisation en plus du remboursement ?

Oui, dans certains cas. Le remboursement restitue le prix du billet. L’indemnisation forfaitaire compense le désagrément de l’annulation et peut s’y ajouter. Service Public présente les montants et leurs conditions :

  • 250 euros pour un vol jusqu’à 1 500 km ;
  • 400 euros pour un vol de plus de 1 500 km au sein de l’UE, ou un autre vol de plus de 1 500 km et jusqu’à 3 500 km ;
  • 600 euros pour les autres vols de plus de 3 500 km.

Cette indemnité n’est notamment pas due si vous avez été averti au moins quatorze jours avant le départ. Pour une annonce plus tardive, certains réacheminements permettent aussi à la compagnie d’en être dispensée :

  • de sept à moins de quatorze jours avant : départ au maximum deux heures plus tôt et arrivée moins de quatre heures plus tard ;
  • moins de sept jours avant : départ au maximum une heure plus tôt et arrivée moins de deux heures plus tard.

Une réduction de moitié peut également s’appliquer dans certains cas de réacheminement, selon le retard à l’arrivée.

Et si l’annulation est due à la météo ou à une crise ?

Des circonstances extraordinaires peuvent dispenser la compagnie de l’indemnité forfaitaire si elle prouve que l’annulation ne pouvait être évitée malgré toutes les mesures raisonnables. Elles ne suppriment pas le choix entre remboursement et réacheminement, ni la prise en charge due pendant l’attente.

La DGCCRF rappelle cette distinction dans ses conseils aux voyageurs touchés par une crise. Une réponse qui refuse l’indemnité supplémentaire ne règle donc pas, à elle seule, la question du billet ou des frais d’assistance.

Comment demander le remboursement d’un vol annulé ?

Utilisez le formulaire officiel de la compagnie ou son service client. Les obligations européennes pèsent sur le transporteur qui devait effectuer le vol, y compris lorsque le billet a été acheté auprès d’un intermédiaire.

Préparez un dossier simple :

  1. Indiquez la référence de réservation, le numéro du vol et sa date.
  2. Joignez le message d’annulation et les propositions reçues.
  3. Précisez votre choix : remboursement en argent ou réacheminement.
  4. Détaillez séparément les frais avancés et l’éventuelle indemnisation réclamée.
  5. Conservez les justificatifs et la confirmation d’envoi.

Si le litige persiste, consultez le médiateur compétent. En France, depuis le 7 février 2026, une médiation préalable est en principe obligatoire avant une action en justice pour les litiges concernés, avec des exceptions. Service Public détaille cette procédure.

Pour rendre votre demande facile à traiter, séparez les montants : prix du billet, dépenses justifiées, puis indemnité éventuelle. Ce sont trois demandes qui ne reposent pas sur les mêmes conditions.

Sources

Auteur

BQ

L'expert Voyage

Spécialiste Voyage & transports — Bonne Question

Bagages, retards, billets, indemnisations, passeport et location de voiture : il précise vos droits et les bons réflexes avant le départ, en citant la réglementation européenne et les conditions officielles des transporteurs.

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